Jacques Ferron devant la Poésie et les mythes du poète

Laurent Mailhot

Résumé


Jacques Ferron a pratiqué tous les genres littéraires, sauf la poésie. Même ses premières publications de collégien, d'étudiant 1, sont d'un moraliste (néo-classique), non d'un versificateur. Et pourtant Ferron s'est intéressé directement, radicalement, à la poésie et aux poètes. Il en a lu, il en a cité, il en a rêvé. Il en a même écrit (sans les publier). Par exemple, ce «poème à l'ancienne, fidèle par la forme, la tendresse, l'élégance au style des salons du XVIIIe siècle», qu'évoque en ces termes un condisciple de Brébeuf: «Je jugeai que je venais de lire une merveille. C'en était peut-être une.  [...]

Texte intégral :

PDF

Références


Voir Pierre Cantin, Jacques Ferron, polygraphe. Essai de bibliographie suivi d'une chronologie, Montréal, Bellarmin, 1984, pp. 60-61.

Pierre Vadeboncoeur, préface à Jacques Ferron, La Conférence inachevée. Le Pas de Gamelin et autres récits, Montréal, VLB, 1987,

p. 10.

Ferron parle aussi de la joie, «peut-être vulgaire, du moins banale», qu'il prend à Beethoven, à Brahms, et, dans sa Louiseville natale, aux

«chants choraux de la messe qu'on donnait en plein air, sous les grands ormes, parce que J'église venait d'être incendiée» (Du fond de mon

arrière-cuisine, Montréal, Éditions du Jour, 1973, pp. 214-215).

Vadeboncoeur, op. cit., p. 9.

Ibid., p. 15.

Ibid., p. 14.

Voir aussi les contes «Ulysse», «Les Sirènes», etc. «Contes d'adieu>>, «Sornettes et contes du pays perdu» sont les deux premiers titres auxquels pensait Ferron pour ce qui deviendra La Conférence inachevée (ibid., p. 225). «Ce n'est que J'adieu que j'ai

adressé à mes enfants», répond Ferron, en 1979, à Vadeboncoeur qui avait parlé de l'art, de la poésie, du «divin dépaysement», du «miracle>> du «chef-d'oeuvre» qu'est L'Amélanchier (ibid., p. 17, et Les Deux Royaumes, Montréal, l'Hexagone, 1978, pp. 149-156).

Escarmouches 2: La longue passe, Montréal, Leméac, 1975, p. 33.

Donald Smith, «Jacques Ferron et les écrivains>>, Voix et images, 8, 3 (printemps 1983): 439.

Le Ciel de Québec, Montréal, Éditions du Jour, 1969, p. 175.

l2. Les chiffres entre parenthèses, dans cette section, renvoient aux pages d'Escarmouches, 2, op. cit.

Il faut sans doute lire Petit-Page, du nom d'un personnage catholicoromantique de la trilogie romanesque, où le refuge final des rêveurs est l'asile Notre-Dame-des-Fous.

Guy Morette, «Les poètes de la Confédération dans Les Confitures de coings de Jacques Ferron», Voix et images, 8, 3 (printemps 1983):

-426.

Ferron met dans la bouche de Frank Archibald Campbell, en les attribuant tous à son père, «des extraits de Duncan Campbell Scott, de Bliss Carman, de Frederick George Scott et de Charles G.D. Roberts» (ibid., p. 422). D'autre part, contre les puritains capitalistes, il cite le poème satirique de Samuel Butler, «A Psalm of Montreal», dont la

traduction d'un des vers s'améliore -devient «plus française» - de La Nuit aux Confitures, en n'étant plus attribuée à Frank (ibid., pp. 424 et 426 n. 25). Ferron fera encore référence à Butler (Erewhon) dans Le Ciel de Québec et Le Saint-Élias.

Ferron répétera la formule - ajoutant que Nelligan n'est pas un «châtré social», contrairement à Saint-Denys Garneau, «qui se disait d'un espace irréel et de nulle part>> - dans une interview à Donald Smith (loc. cit., p. 453 n. 27). Mais peut-on dire qu'«en règle générale, Ferron trouve que toute poésie qui décrit un drame personnel est défaitiste, constitue une lâcheté» (ibid., p. 445)?

Les références à cet op. cit. sont données entre parenthèses dans cette section.

«Du moins jusqu'aux derniers mois de sa vie» (218), à la suite de l'échec de La Charge de l'orignal épormyable, «qu'il subit comme une mort plus terrible que la mort» (231).

Après La Charge ... , «Claude ne semblait survivre que pour mieux vivre l'atrocité de sa mort» (222). «11 a tenté de refaire sa vie par le théâtre» (228).

Yvon Rivard, «Qui a tué Saint-Denys Garneau», Liberté, 139 (janvierfévrier 1982): 84.

Petit-fils homonyme d'un Premier ministre du Québec, auteur d'un «Polichinelle» créé en 1950.

Escarmouches, 2, op. cit., 1975, p. 24.

Ferron en ajoutera d'autres, apparus plus récemment: l'homme d'affaires Jean-B. Racine, auteur de Poèmes posthumes 1958-1969, dont l'expression rappelle celle d'un «Saint-Denys Garneau qui vaincrait sa morbidité, tirant effet de sa solitude pour refaire des ponts», selon André Gaulin (Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, t. 4, Montréal, Fides, 1984, p. 700). «De son pays, il n'a aucune connaissance», dit Ferron (ibid., p. 108).

Ibid., pp. 95-96.

Cité ibid., p. 94.

Ibid., p. 96.

Voir ibid., pp. 126-127.

Sous le mécénat de Duplessis, «qui était prébendé, son patronyme ou sa poésie?» (ibid., p. 143).

Ibid., p. 142.

Mais, chez Ferron, «l'historiette est un "conte à charge"» [ ... ], qui n'utilise l'histoire que comme appoint d'une liberté plus haute» (Jean Marcel, Jacques Ferron malgré lui, Montréal, Parti pris, 1978, p. 82).

Andrée Mercier, «Le salut de la chair et de la poésie dans Le Ciel de Québec de Jacques Ferron», Urgences, 28 (mai 1990): 21.

Ibid., 26-27.

Le Ciel de Québec, op. cit., pp. 182 et 402.

Ibid., p. 367. «Selon toute vraisemblance, ce poème serait de Ferron» (Andrée Mercier, loc. cit., p. 28, n. 9).

La conclusion d'Andrée Mercier - «poésie de chair», qui «donne clairement son congé au mysticisme d'Orphée de Saint-Denys Garneau» (p. 29) - est plus étroite et catégorique que la finale du Ciel de Québec. Voir aussi Pierre Nepveu, «La prose du poème», L'Écologie du réel, Montréal, Boréal, 1988, pp. 25-42; Jean Larose, L'Amour du pauvre, Montréal, Boréal, 1991, pp. 203-247.

Contes, Montréal, HMH, 1970, pp. 68-69.

Neil B. Bishop, «Vers une mythologie de la renaissance: Le SaintElias », Voix et images, 8, 3 (printemps 1983): 455-464.

Jacques Ferron, Le Saint-Élias, Montréal, Éditions du Jour, 1972, p. 185. Références entre parenthèses dans cette section.

Neil B. Bishop, loc. cit., p. 463.

Bishop (ibid., p. 460) hésite: après avoir présenté Tourigny comme le «personnage principal» du roman, il voit en Marguerite Cossette son «personnage le plus important», à cause de «son écart par rapport aux personnages traditionnels» et de «sa capacité de contribuer à l'élaboration d'une nouvelle mythologie québécoise». Or, l'«écart>> et la «capacité» (onomastique, fantasmatique, dynastique) d'Arrnour Lupien sont encore plus grands.

Ce «petit vicaire de cul», dit le cocu Philippe à sa femme (57).

Voir l'entrevue avec Ferron, Voix et images, 8, 3 (printemps 1983): 400.

p. 171; version légèrement différente de celle de la p. 132.

Voir pp. 48, 112, 183.

Voir pp. 21, 23, 27, 110-113.


Renvois

  • Il n'y a présentement aucun renvoi.