D'une position idéologique à une solution éthique: la traversée des discours sur la folie dans l'oeuvre de Jacques Ferron

Chrstiane Kègle

Résumé


Histoire et folie: esquisse de quelques points de
repère.
Avec Shakespeare et Cervantès la Renaissance avait libéré les
voix de la Folie; le XVlle siècle a réduit celle-ci au silence, ainsi que le démontre Michel Foucault dans son Histoire de la folie à l'âge classiquei. Mettant en parallèle la pratique de l'internement et les exigences du travail, Foucault reconstitue l'histoire de l'internement en tant que création institutionnelle propre au XVIIe siècle. L'internement, écrit ce dernier, prend une nouvelle an1pleur par rapport à l'emprisonnement pratiqué au MoyenÂge, car « [ ... ] dans l'histoire de la déraison, il désigne un événement décisif: le moment où la folie est perçue sur l'horizon social de la pauvreté, de l'incapacité au travail, de l'impossibilité
de s'imposer au groupe [ ... ]»2. Si, à partir de l'âge classique, la folie est perçue « [ ... ] à travers une condamnation éthique de l'oisiveté», cela entraîne corrélativement un rejet de«[ ... ] toutes les formes de l'inutilité sociale»3. [...]


Texte intégral :

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Références


Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique, Paris, Gallimard («Tel»), 1972, 583p.

Ibid., p. 90.

Ibid., p. 85.

Pierre Jacenne, La Folie, Paris, Bordas («Les Thèmes littéraires»), 1989, p. 28.

Maud Mannoni, Le Psychiatre, son «fou» et la psychanalyse, Paris, Seuil («Points»), 1970 p. 55.

André Cellard, Histoire de la folie au Québec, de 1600 à 1850, Montréal, Boréal, 1991, p. 141.

Ibid., p. 142.

Fernand Ouellet, Histoire économique et sociale du Bas-Canada, Montréal, Hurtubise HMH, 1972.

Sur cette question, cf.: Histoire de la folie au Québec, op.cit., pp. 140-143. 10

André Cellard et D. Nadon, «Ordre et désordre: le Montréal Lunatic Asylum et la naissance de l'asile au Québec», Revue d'histoire de l'Amérique française, 39, 3 (hiver 1986): 345-369.

Histoire de lafolie au Québec, op. cit., p. 202.

Michel Clément, L'Aire du soupçon. Contributions à l'histoire de la psychiatrie au Québec, Montréal, Tryptique, 1990, pp. 21-22.

Ibid., p. 27.

David Cooper, Psychiatry and Anti-psychiatry, Grande-Bretagne, Tavistock Pub. Ltd., 1967. Le livre a paru en français sous le titre: Psychiatrie et anti-psychiatrie, Paris, Seuil («Points»), 1970, 187p.

Ibid., p. 7.

Ibidem.

Ibid., p. 8.

Ibid., p. 59.

Ibid., p. 62.

Ibidem.

Ibid., p. 65.

Ibid., pp. 31 et 33.

Ibid., p. 35.

Ibid., p. 36.

Ibid., p. 39.

Le Psychiatre, son

Cf.: P. Jacenne, La Folie, op. cit., pp. 26-28.

Ainsi qu'une étude sur le docteur Georges Villeneuve, aliéniste (1862- 1918) et une analyse comparative de trois éditions du Traité élémentaire de matière médicale et guide pratique des Soeurs de la Charité de l'Asile de la Providence (1869, 1870, 1890).

Françoise Boudreau, De l'asile à la santé mentale. Les soins psychiatriques: histoire et institutions, Montréal, Éditions SaintMartin, 1984, 274p.

Cf" ibid., chap. 5, pp. 85-151.

Cf: ibid., chap. 6, pp. 153-196.

L'Aire du soupçon, op. cit., p. 29.

Ibid., pp. 29-30.

Ibid., p. 32.

Ibid., p. 31.

Julien Bigras, Jacques Ferron, Le Désarroi, correspondance, Montréal, V.L.B. éditeur, 1988, 176p.

7 Les autres versions, lacunaires, «lamentables» (aux dires de Ferron luimême) se trouvent à la Bibliothèque nationale.

Cf.: John Grube, Une amitié bien pàrticulière, Montréal, Boréal, 1990, p. 16. Voir en particulier la lettre de Ferron du 28 février 1976, p. 123.

Le Désarroi, correspondance, op. cit., p. 12.

Ibid., p. 89. R. Boucher était le conjoint du docteur Lorraine Trempe. Médecin, écrivain et journaliste médical, il fut le fondateur et le directeur de L'Information médicale et paramédicale (cf.: note 3, p. 88). Ferron y publiait des Historiettes, reprises plus tard dans les Escarmouches médicales 2: La longue passe, Montréal, Leméac, 1975, tome I, 391p.

Ibidem.

Ibidem.

Philippe Pinel (1745-1826), médecin français, auteur du premier ouvrage de psychiatrie: Le Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale ou la manie (1800-1801). Selon A. Cellard, Pinel proposait une thérapie originale, appelée 'traitement moral', lequel impliquait «un espace spécialement conçu pour la guérison des fous» (Histoire de la folie au Québec, op. cit., p. 132). Ses idées furent diffusées par Esquirol, au début du XIXe siècle, pour la promotion de l'asile.

Escarmouches médicales, op. cit., tome 1, p. 141.

Cf.: ibid., p. 328.

Ibid., pp. 336-337.

7 Ibid., p. 338.

«Les singes sont prêts- Après deux électrochocs, Saint-Jean-de-Dieu fournira le coeur». Cf.: Ibid., pp. 327 et 328.

L'Information médicale et paramédicale, 17 octobre 1972. Cité par J. Bigras, dans la Préface au Désarroi, pp. 10-11.

Le Psychiatre, son

Cf: «Le Pas de Gamelin», dans La Conférence inachevée, Montréal, V.L.B. éditeur, 1987, p. 49.

Robert Viau, Les Fous de papier, Montréal, Le Méridien («Littérature»), 1989, 373p.

Cotnoir, Montréal, V.L.B. éditeur, 1981, 111p. (La première édition paraît aux Éditions d'Orphée en 1962, la deuxième aux Éditions du Jour en 1970.)

Ibid., p. 48.

Ibid., p. 110.

Ibidem

Voir les deux excellentes analyses de la structure romanesque fort complexe de Cotnoir par ce dernier, dans Jean-Marcel Paquette, Jacques Ferron malgré lui (Montréal, Parti pris, 1978, pp. 109-11 0) et dans le Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, t. 4, Montréal, Fides, 1984, pp. 221-223.

Cotnoir, op. cit., p. 111.

Le Psychiatre, son

Ibidem.

J. Bi gras, Préface au Désarroi, op. cit., p. 11.

Idem, p. 13.

Il est essentiel de se reporter ici à la Correspondance de Ferron avec John Grube, de même qu'à l'étude de Georges Langlois, «Octobre en question», publiée en annexe à cette correspondance. Cf.: Une amitié bien particulière, op. cit.

Cf: Une amitié bien particulière, op. cit., p. 18.

Cf.: mon article intitulé: «Truchement, transfert, figures de la folie chez Jacques Ferron», à paraître dans Voix et images , au printemps 1993.

Voir Le Désarroi, correspondance, op. cit., p. 82.

Préface rédigée en 1988; Les Roses sauvages paraissent la première fois en 1971.

Le Congédiement de Frank Archibald Campbell ( 1972).

Dernier chapitre Du fond de mon arrière cuisine, paru en 1973.

Les Roses sauvages, V.L.B. Éditeur («Courant»), 1990, p. 18.

Dans Les Confitures de coings et autres textes, Montréal, Parti pris («Projections libérantes»), 1977, p. 103.

Dans sa Préface à Une amitié bien particulière, John Grube explique qu'il a été interné pendant huit jours dans l'aile psychiatrique de l'Hôpital général de Windsor, en 1969, pour avoir milité pour la réintégration d'un professeur d'Université. Op. cit., pp. 14-15.

Le Psychiatre, son «fou» et la psychanalyse, op. cit., p. 60.

Cf.: Une amitié bien particulière, op. cit., p. 12.

Escarmouches médicales, op. cit., pp. 347-350: «Allez!, on vous ajustera>>.

Le Désa"oi, co"espondance, op. cit., pp. 113-114.

Une amitié bien particulière, op. cit., p. 124. Lettre du 28 février 1976.

Ibidem.

Ibid., p. 153. Lettre du 10 juin 1980.

Ibid., pp. 153-154.

Sa tentative de suicide, attribuée au fait qu'il avait renoncé aux amphétamines, n'est peut-être pas indépendante de l'action corrosive de la G.R.C ...

Voir Ginette Michaud, «Jacques Ferron au regard de ses autres. Famille, nation, folie: une double version», à paraître dans Voix et images, printemps 1993.

Le Désarroi, co"espondance, op. cit., p. 11.

C'est ainsi, qu'ayant trouvé dans le dossier d'une patiente de Saint-Jeande-Dieu une lettre écrite au son, Ferron prend ·appui sur ce document pour constituer un récit en deux volets: une longue introduction reconstitue la biographie de Madame Conrad Forges, née Aline Dupire, et sert de prétexte à une contestation de la psychiatrie; la missive est ensuite réécrite à partir de la subjectivité même du sujet écrivant, en focalisation interne. Cf.: Lettre d'amour, dans Les Roses sauvages, op. cit., pp. 131-178.

Cf.: «Les psychiatres dingos», pp. 339-342; «L'impérialisme psychiatrique», pp. 344-347.

«Truchement, transfert, figures de la folie chez Jacques Ferron», op. cit.

Cf. Le Désarroi, op. cit., p. 24: «Ma mère partit pour le sanatorium, j'avais six ans [ ... ]j'étais gêné par la distinction française de ma mère [ ... ].Après sa mort, mon père me plaça chez les Soeurs françaises de Trois-Rivières qui connaissaient sa réputation et l'avaient en grande estime. Un culte comme ce n'est pas possible. J'ai couru, j'ai couru après cette réputation d'héritage. Je me suis toujours fait l'impression d'être un usurpateur.» (Lettre du 31 mars 1981)

8 Le Congédiement de Frank Archibald Campbell, dans Les Confitures

de coings et autres textes, op. cit., p. 114.

Ibid., p. 137.

Ibid., p. 147.

Ibidem. Sur l'expression 'Mère cadette', voir Ginette Michaud, «Jacques Ferron au regard de ses autres. Famille, nation, folie: une double version», op. cit.


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